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Débat & Idées

Mercredi 12 juillet 2006

                      

Pour un nouveau socialisme

La social-démocratie européenne est en panne. Elle ne sait plus quelles réponses apporter à une question clef de l’identité socialiste : « qu’est-ce qu’une société juste ? »

Elle s’est avérée incapable de lutter efficacement contre les mutations du capitalisme contemporain qui ont profondément creusé les inégalités. Elle ne propose pas de solutions à long terme pour répondre aux enjeux démographiques et aux nouvelles attentes sociales. Elle ne protège plus les citoyens face aux excès du marché.

 Pour garantir une société juste, les socialistes français et européens doivent renouveler leur corpus idéologique et élaborer de nouveaux modes d’action adaptés à la réalité économique d’aujourd’hui. Nous devons jeter les fondations d’une social-démocratie moderne. Elle s’incarnera dans une triple vision du socialisme qui aura pour horizon l’Europe.

 Selon qu’il naît à Neuilly, Montrouge ou Sarcelles, un enfant ne bénéficiera pas des mêmes chances de réussir. L’ascenseur social français est en panne. Pire, c’est le descenseur social qui est à l’œuvre, faisant craindre que nos enfants ne vivent demain dans un monde plus difficile et plus inégalitaire encore.

Le socialisme de la redistribution.

Face au creusement des inégalités, il faut renforcer le socialisme de la redistribution. La capacité redistributive de l’Etat Providence est mise à mal. Pire, notre système renforce les inégalités au lieu de les corriger. Les écarts de revenus disponibles entre les plus aisés et les plus modestes s’accroissent. Il faut donc engager des réformes profondes.

 La gauche a longtemps répondu par la seule logique de la redistribution. Le principe en était simple : redistribuer les richesses pour réparer a posteriori les dégâts sociaux causés par le marché. Bien sûr, il nous faut continuer dans la voie de ce socialisme de la redistribution et même le renforcer. Mais cela ne suffit plus. Cela ne suffit plus parce que l’Etat-providence a atteint les limites de ses capacités redistributives. Cela ne suffit plus parce que ce modèle ne prend pas en compte les inégalités de départ dont souffrent les individus. Au contraire, il a tendance à les légitimer, voire à les aggraver. Il nous faut aujourd’hui adapter nos moyens d’action à la réalité d’un capitalisme qui a changé de visage, et d’échelle.

Le socialisme de la production.

Nous ne devons plus nous contenter de réparer les dégâts après qu’ils soient apparus. N’ayons pas peur de « mettre les mains dans le cambouis », d’intervenir au sein même du système productif. Il faut attaquer les inégalités là où elle se créent : c’est le socialisme de la production. De nombreuses pistes sont à explorer dans ce sens : la démocratie sociale, la régulation des licenciements économiques, la sécurisation des parcours professionnels, la législation sur les accidents de travail, etc.

Le socialisme de l’émancipation. 

 

 

 

Le marché n’est pas la seule source des inégalités. Les nouvelles inégalités sont des inégalités de départ, qui dépendent du territoire où l’on naît. Pour renouer avec une réelle égalité des chances, qui doit être le premier combat de tous les socialistes, nous proposons de bâtir un nouveau socialisme : le socialisme de l’émancipation. Il s’agit dorénavant d’agir a priori, d’attaquer les inégalités à la racine, avant même qu’elles ne se créent. Cette lutte est fondée sur un principe simple : il faut donner plus à ceux qui ont moins. Donner plus de capital public à ceux qui ont moins de capital social. C’est un grand retour aux services publics que nous proposons : le socialisme de l’émancipation passe par des réformes novatrices en matière d’éducation, de logement, d’urbanisme, de santé.

Deux conditions sont nécessaires à la mis en œuvre de ces trois socialismes. D’abord, la croissance, parce que c’est avec elle que les Français reprendront confiance dans l’avenir. Ensuite l’Europe, aujourd’hui en panne. Il nous faut la relancer : elle est la seule à avoir la taille suffisante pour peser sur les enjeux contemporains. L’avenir de la France passe par l’Europe.

Socialisme de la redistribution, socialisme de la production, socialisme de l’émancipation : voilà les trois piliers sur lesquels nous voulons bâtir la social-démocratie française. Le réformisme de gauche n’est pas condamné à l’accompagnement social du libéralisme. Il peut et doit être un « réformisme radical ».

DSK

 

 

Par La Seine-Maritime avec DSK
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Mercredi 19 juillet 2006

 

EN FINIR AVEC LA SEGREGATION TERRITORIALE

 

LE CONSTAT
Les nouvelles inégalités sont avant tout territoriales. Le lieu de naissance ou de résidence est devenu peu à peu plus discriminant que la classe sociale.
Notre pays se divise désormais schématiquement en trois types de territoires urbains.
D’un côté, les centre-villes, où se sont « réfugiées » les familles aisées. Ces familles, coupées du reste de la société, habitent dans des quartiers qui concentrent tous les avantages - réseau social, écoles de haut niveau, qualité de l’environnement urbain, sécurité, densité des services publics et des équipements culturels.
A l’opposé, les cités, où sont reléguées les classes populaires, réunissent tous les handicaps : pauvreté, chômage de masse, échec scolaire, concentration des populations immigrées les plus fragilisées, dégradation des logements, faiblesse des équipements publics et désertion des services de proximité, absence de transports publics, insécurité.
Au milieu, les vastes zones péri-urbaines, où résident les classes moyennes. Leurs habitants rêvent de pouvoir rejoindre les territoires aisés mais en sont interdits ou en ont été chassés par la barrière invisible du prix de l’immobilier. Ils craignent à l’inverse d’être rattrapés par les plus pauvres, d’ici et surtout d’ailleurs, qu’ils perçoivent comme une menace pour leur sécurité et la qualité de scolarisation de leurs enfants. Cette menace est ressentie d’autant plus vivement qu’ils peuvent apercevoir les barres HLM, symboles urbains d’exil social, depuis leur lieu de résidence. Prisonnières de cet entre-deux, placées dans une situation instable, aspirant à la promotion sociale mais craignant la relégation, les classes moyennes se sentent oubliées des pouvoirs publics.
Ce cloisonnement géographique qui s’opère entre « nantis », « oubliés », et « exclus », répartis sur des territoires clairement séparés, produit et entretient l’immobilité sociale. Dans un pays où les inégalités sont figées par le territoire d’appartenance, tout semble joué d’avance, le destin de chacun gravé dans son adresse. La République se fragmente, les populations des différents territoires se tournent le dos ou s’observent avec crainte, la France, offrant des conditions trop dissemblables pour être encore capable de rassembler autour d’une espérance ou de valeurs communes, ne fait plus société.
 
LES PROPOSITIONS DE DSK
LE PRINCIPE
Lutter contre la ségrégation territoriale : c’est la première des priorités si nous voulons bâtir une société juste. La République doit « faire société » à nouveau. Il s’agit tout à la fois de redonner à terme aux territoires en déshérence un cadre de vie offrant au plus près les atouts et attractivité des centre-villes et de permettre une réelle mobilité géographique à l’ensemble de la population.
PREMIER OBJECTIF : INVESTIR MASSIVEMENT DANS LES QUARTIERS POPULAIRES
Les quartiers populaires doivent devenir des quartiers de réussite. Il faut une « discrimination positive territoriale » : « donner plus à ceux qui ont moins », plus de capital public aux quartiers qui ont moins de capital individuel. On doit dépenser plus d’argent par habitant à Vaux-en-Velin qu’à Neuilly, et non le contraire ! Propositions :

* Refondre la fiscalité locale au profit des quartiers populaires. La fiscalité locale est une « trappe à pauvreté ». Il doit y avoir des communes riches pour les quartiers pauvres. Deux réformes principales : 1/ supprimer la taxe d’habitation, qui est faible dans les quartiers populaires à faibles revenus, et la remplacer par une dotation « démographique » de l’Etat ; 2/ généraliser la taxe professionnelle unique (TPU) par bassin d’emploi, afin que la commune de travail, qui concentre l’ensemble des produits de la taxe, la redistribue aux communes d’habitat, qui hébergent les travailleurs assurant sa richesse.

* Concentrer la politique de la ville sur les 5% des communes les plus pauvres et financer les services publics locaux : au-delà de la rénovation des barres dégradées, les écoles, les services publics de proximité (sportifs, culturels), les jardins, la voirie, les transports publics, la sécurité...
* Renforcer les zones d’éducation prioritaires (ZEP).
* Développer les logements de qualité - zones pavillonnaires et logements intermédiaires.
SECOND OBJECTIF : UNE POLITIQUE DE MIXITE SOCIALE RADICALE DANS LES QUARTIERS FAVORISES
L’ascenseur social est d’abord, aujourd’hui, un « ascenseur territorial ». C’est pourquoi il faut aussi permettre la mobilité territoriale vers les territoires de la réussite. Cela nécessite une politique radicale de mixité sociale.
* Renforcer les amendes en cas de non-respect des quotas de logements sociaux par les communes (« article 55 loi SRU »).
* Etendre les quotas de logements sociaux à la promotion immobilière privée. Les moyens publics sont limités. Il est impossible pour une commune de financer seule l’achat ou la construction massifs de logements sociaux dans ses quartiers aisés, où le prix de l’immobilier est très élevé. L’idée est de faire aussi porter cette responsabilité de mixité sociale sur le privé, comme le fait Bertrand Delanoë sur Paris.
* Etendre les quotas de logements sociaux aux copropriétés existantes. Soit par achat public en « diffus » (préemption d’appartements dans les copropriétés), soit en imposant aux copropriétés privées d’organiser la mixité sociale en leur sein.

* Interdire les ventes à la découpe.

Par La Seine-Maritime avec DSK
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Jeudi 24 août 2006

 

Bonsoir à toutes et à tous,

A la veille de notre rendez-vous militant de La Rochelle, Dominique Strauss-Kahn a publié une tribune intitulée "Retrouver la volonté de faire", dans Le Monde daté du 24 août 2006. Vous pouvez la télécharger ici.

Bonne lecture,

Par La Seine-Maritime avec DSK
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Mercredi 6 septembre 2006

Bonjour à toutes et à tous,

Dominique Strauss-Kahn était présent mercredi 30 août aux universités d’été du MEDEF à Jouy-en-Josas afin de participer à une table ronde sur « La 3e guerre mondiale a-t-elle déjà commencé ? ».

Je vous propose de retrouver l’intégralité de son intervention en podcast.

 


DSK au medef
Vidéo envoyée par dsk76

Bonne écoute,

Olivier.

Par La Seine-Maritime avec DSK
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Mardi 10 octobre 2006

Trois débats thématiques sont organisés à la télévision :
17 octobre (questions économiques et sociales)
24 octobre (société - environnement)
7 novembre (Europe - International)

Ils seront diffusés en direct dès 20h30 sur les chaînes parlementaires LCP AN et Public Sénat (disponibles sur le câble, TNT, satellite, sites Internet des chaînes).

Ce sont les questions des militants, tirées au sort, qui seront posées à l’antenne.
Posez vos questions :
www.parti-socialiste.fr/questionsexternal link

5 questions supplémentaires seront également tirées au sort chaque semaine, auxquelles répondront les candidats dans L’hebdo des socialistes. Les réponses seront aussi publiées dans le blog de l'Hebdo sur le site du PS.
Par La Seine-Maritime avec DSK
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