Le Congrès de Reims est un congrès raté. Pour le parti et pour nous.
Beaucoup parmi les délégués de la motion A, présents à Reims, sont rentrés chez eux désemparés, meurtris et profondément démobilisés, honteux pour le parti et les valeurs socialistes, en colère contre ceux qui ont, avant tout autre perspective, joué le jeu de leurs ambitions personnelles.
Il faudra, à tête reposée, faire une analyse politique plus précise de ce qui s'est passé. Aujourd'hui, il s'agit d'abord vous adresser, sinon un message d'espoir, du moins un signe que nous continuons le combat pour nos convictions européennes et réformistes, au service d'une social-démocratie renouvelée.
Quelques jours avant de partir pour Reims, nous avions la conviction, pour l'ensemble du parti comme pour nos propres idées, que la clé du Congrès était inévitablement dans un large rassemblement autour des motions à dominante réformistes A, E et D. (A charge pour les camarades de la motion C d'y adhérer s'ils le souhaitaient). Car, comme l'a dit François Hollande dimanche en AG de motion, si l'on commence à diviser la majorité réformiste, alors, il n'y a plus de majorité possible pour le parti lui-même.
Retenons que cela n'a pas été possible. Dès lors, comme à Rennes, le Congrès n'a pas pu dégager pour le parti une orientation politique majoritaire. La seule différence, mais elle est de taille, est que la direction qui gèrera l'absence d'orientation, sera désignée par les adhérents.
A cet échec politique collectif, s'est ajouté pour les délégués de la motion A une seconde épreuve. Bertrand Delanoë a choisi de ne pas présenter sa candidature au poste de premier secrétaire et aucun autre responsable de la motion A n'a souhaité le faire. Cette attitude est digne, elle nous distingue des manœuvres organisées par d'autres au service de leurs ambitions personnelles.
Toutefois, cette décision présente deux inconvénients de taille : quel que soit le résultat, notre participation à la direction est suspendue aux conditions de la future première secrétaire ; par ailleurs, à chaque adhérent de la motion A, elle pose la question de son vote le 20 novembre au soir.
Entre la volonté de sauver la conception du débat démocratique qui fut celle du parti socialiste depuis Epinay et la possibilité de privilégier une ligne politique plus réformiste, moins étatiste et se détournant clairement d'un discours facile sur les salaires ou sur les retraites, Bertrand Delanoë a clairement choisi la première alternative en soutenant Martine Aubry, dans une lettre ouverte publiée aujourd'hui (lire ci-dessous). Encore une fois, nous aurions préféré ne pas avoir à choisir pour défendre sur son nom, aussi bien la clarté de la ligne réformiste que notre conception du débat démocratique.
L'abattement qui est le nôtre est donc bien compréhensible, mais Bertrand Delanoë rappelait dimanche matin que notre motion rassemble une force importante au sein du parti, incontournable à l'avenir. Il est donc essentiel de ne pas lâcher la rampe, de voter jeudi soir et d'appeler les hésitants à voter pour nos camarades candidats dans les sections et les fédérations.
La perspective de débats cruciaux sur le plan national doit nous conduire, à l'échelon des fédérations, à tout faire pour assurer l'élection des camarades présentées par la motion A au poste de premier secrétaire fédéral. Ils seront la base la plus solide sur laquelle nous pourrons reconstruire.
C'est, en tout en cas, cet esprit de reconquête qui nous anime désormais.
Amitiés à tous,
Marc Deluzet
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