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Vendredi 27 juin 2008

Treize responsables du PS proches de Dominique Strauss-Kahn, dont l'ancien ministre de la Défense Alain Richard, ont signé un texte commun pour rejeter la démarche des Reconstructeurs et se rapprocher de Bertrand Delanoë, a-t-on appris jeudi 19 juin.

Le document, qui fait dix propositions sur l'orientation qui doit être celle du PS selon eux, est signé notamment par d'anciens ministres : Alain Richard, Catherine Tasca, Claude Evin, Charles Josselin. Mais aussi par les députés Patricia Adam et Pierre Bourguignon, ainsi que par le maire de Rennes Daniel Delaveau, et le maire de Grenoble Michel Destot.

Manque de "cohérence" des Reconstructeurs

Les signataires fustigent le manque de "cohérence" qu'ils recherchent "dans la démarche initiée autour des Reconstructeurs". Le pole des Reconstructeurs rassemblant des proches de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry et Arnaud Montebourg.
"Nous avions indiqué clairement, au sein de Socialisme et Démocratie (le courant des strauss-kahniens, à ne pas confondre avec celui de Gérard Filoche "Démocratie et Socialisme", ndlr) depuis plusieurs semaines, que le dialogue devait être conduit de manière privilégiée avec Bertrand Delanoë pour ouvrir la voie à une motion majoritaire authentiquement rénovatrice".
"Ceci nous amène à préciser les points sur lesquels nous voulons avancer, et enrichir sa contribution au débat", affirment-ils.

"Attachés à la modernisation" du PS

Les treize personnalités ne signeront pas non plus le texte présentée par Socialisme et Démocratie, dont le premier signataire est Pierre Moscovici mais signeront probablement celui de Bertrand Delanoë.
Les signataires, qui se disent "très attachés" à "la modernisation" du PS, estiment qu'ils "doivent librement apporter aux militants des propositions sur des questions clés". "Ils le font désormais en leur nom propre, dans une démarche de rassemblement", précisent-ils.
Leurs dix propositions portent notamment sur la mondialisation, l'Europe, la place et le rôle de l'Etat, les institutions, le vieillissement de la population.
"Ces propositions, versées au débat, ne visent pas l'unanimité", selon les signataires, mais s'adressent à ceux qui "veulent proposer la création d'une majorité forte et claire autour d'un réformisme revendiqué et d'une direction forte". "Le PS ne se reconstruira pas dans l'ambiguïté et la confusion mais dans des choix et des responsabilités assumées", ajoutent-ils.

par S&D76 publié dans : Vu dans la presse
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Mercredi 25 juin 2008

Le Parti Socialiste est à l’heure des choix. Les signataires de ce texte, très attachés avec Dominique Strauss-Kahn à la modernisation du Parti Socialiste, à laquelle ils ont pleinement contribuée dans le cadre de Socialisme & Démocratie, estiment qu’ils doivent librement apporter aux militants des propositions sur des questions clés. Ils le font désormais en leur nom propre, dans une démarche de rassemblement.

Notre soutien à Dominique Strauss-Kahn était fondé sur le souci de définir avec lui une véritable cohérence entre l’efficacité économique et la solidarité sociale, entre une vision moderne de la société et l’ambition de mettre en œuvre des politiques qui permettent une égalité réelle, entre l’attachement au dessein européen et à la rénovation des outils d’un Etat réorganisé.

C’est cette cohérence que nous continuons à rechercher aujourd’hui et que nous ne retrouvons pas dans la démarche initiée autour des " reconstructeurs ". Nous avions clairement indiqué, au sein de Socialisme & Démocratie, depuis plusieurs semaines, que le dialogue devait être conduit de manière privilégiée avec Bertrand Delanoë pour ouvrir la voie à une motion majoritaire, authentiquement rénovatrice. Ceci nous amène à préciser les points sur lesquels nous voulons avancer, et enrichir sa contribution au débat.

La déclaration de principes, à laquelle ont travaillé les signataires de ce texte, est une solide base de départ. Mais il faut évidemment aller plus loin dans la préparation de notre Congrès.Voici dix propositions que nous livrons à la discussion.

Notre place dans la mondialisation. C’est le fait central du temps : un mouvement qui permet à de nouveaux acteurs de peser dans la marche du monde, mais qui, entraîné par une circulation des capitaux sans régulation efficace, porte des mutations douloureuses et de nouvelles inégalités. Pour y faire face, chacun veut accentuer l’effort d’éducation, de formation, de recherche et d’innovation. Mais soyons clairs : il faut aussi une profonde reconversion de notre appareil productif. Et, pour cela, moderniser radicalement le marché de l’emploi par la " flexi-sécurité " négociée, donnant des droits réels aux salariés dans les adaptations inévitables. L’hésitation devant ce choix a éloigné de nous une majorité des salariés du privé en 2007. L’immobilisme, c’est la voie du dépérissement lent ; et notre pays, avec ses atouts, ses entreprises et ses services publics, agirait mieux pour la régulation s’il avait retrouvé le dynamisme.

L’Europe. La construction européenne connaît une crise grave. Il appartient aux responsables politiques socialistes européens qu’elle ne soit plus vécue comme une obligation subie mais qu’elle redevienne un choix progressiste. L’aide au développement, le rééquilibrage des échanges mondiaux, l’action pour la paix, le renforcement des droits humains, l’économie sociale et écologique de marché, c’est l’Europe ! Alors reconnaissons que l’Union ne se réduit pas à la France. Au lieu de cultiver notre singularité, travaillons à des convergences dans la gauche européenne. Après notre impasse collective sur le traité institutionnel et le " non " irlandais, engageons un travail concret sur une redéfinition des outils économiques et sociaux européens, proposons aux socialistes européens l’organisation d’un grand débat sur le sens et les finalités de l’Union, réfléchissons aux conditions d’une avant garde de pays européens décidés à aller plus loin dans l’intégration.

L'égalité réelle des chances. La défense de l’égalité de principe a marqué le discours socialiste. Souvent nous nous sommes bornés à compenser les inégalités déjà creusées. C’est une raison des impasses actuelles (aggravées par les politiques de droite) en matière de logement, d’éducation, de discriminations. C’est à la source, dans les qualifications et la formation des revenus, dans l’entreprise, dans l’école, qu’il faut s’attaquer aux inégalités de départ. Répartissons services publics et ressources de façon à construire une égalité réelle des chances, par une révision profonde de nos politiques sociales et fiscales. Ce faisant, on éliminera la préférence bien française de la rente sur l’esprit d’entreprise.

Le vieillissement de la population nous impose deux réalités majeures. Sur les retraites d’abord : nous voyons les effets très inégalitaires des règles actuelles de la répartition – qui à terme menacent son existence. Dans un monde aussi divers, il n’est plus possible d’avoir un âge fixe pour la retraite. Il faut, selon la pénibilité du travail et l’expérience, des départs modulés d’après les parcours d’emplois. Ensuite la dépendance : l’engagement solidaire de tous, y compris sur le patrimoine, doit être un choix assumé de la gauche à ce sujet. Dans la protection sociale il ne peut y avoir de droit sans devoir.

La préservation de la planète. Notre déclaration de principes exprime cette exigence, et dit les conditions pour le progrès futur de la science. Cette voie tracée nous force à changer de pensée sur les ressources énergétiques, les déplacements, l’encadrement de l’économie de marché. La gauche, encore marquée par des réflexes anciens, doit construire sa cohérence en posant ensemble les défis économiques, sociaux et écologiques.

L’entreprise. Face aux défis posés par la mondialisation, l’entreprise constitue un des lieux principaux d’innovation et de création de richesses. Pour nous, elle doit s’engager davantage dans des politiques de développement durable. Nous devons définir une politique ambitieuse pour l’entreprise, à la fois pour améliorer la compétitivité de notre économie et favoriser la mise en place d’une réelle démocratie sociale.

La place et le rôle de l'Etat. Face aux attaques constantes de la droite, évitons le simple réflexe de conservation. Comme nos élus de terrain, abordons l’avenir du service public par l’innovation, non par le statu quo. Choisissons l’adaptation résolue de l’Etat, de ses moyens, de ses méthodes dans une société changeante. Cela passe par la négociation avec les partenaires de la fonction publique sur la mobilité et la polyvalence dans le statut, la rémunération adaptée aux conditions d’emploi. La légitimité du service public, c’est la satisfaction équitable des besoins.

Les flux migratoires. Les socialistes ont à juste titre écarté la régularisation globale, impraticable en responsabilité. Mais le thème de l’immigration choisie reste flou : on ne peut pas piller les plus qualifiés dans les pays pauvres. Le " cas par cas " préconisé à la dernière présidentielle est incompris des peuples du Nord comme du Sud. En traitant avec justice ceux qui sont déjà sur notre sol, il faut engager une politique claire d’admission fixée en partenariat selon les besoins économiques européens et les choix de développement des pays d’émigration.

Les institutions. Notre discours fluctue. Nous appelons à renforcer le Parlement et ses pouvoirs, mais comment nier le poids politique de la fonction présidentielle qui est la préférence massive des Français (et aussi notre héritage !). Précisons de façon cohérente les prérogatives essentielles du Parlement, les principes durables de la décentralisation et de la péréquation locale, la limitation réelle du cumul des mandats, la démocratie sociale que les syndicats ont su faire progresser.


L'avenir de la gauche.
L’urgence est de redynamiser un parti de militants et non de supporters ; un parti " intellectuel collectif ", au travail avec un leadership entreprenant. Un parti qui écoute et comprenne la société pour proposer son nouveau pacte social et politique, et qui dans cette optique devra réfléchir au dialogue avec ses électeurs pour le choix de son candidat à l’élection majeure. Ce parti renforcé, c’est notre outil pour l’alternance ; c’est une voie plus sûre vers le succès collectif de la gauche que les assemblages artificiels d’organisations juxtaposant leurs incertitudes.

Ces propositions, versées au débat, ne visent pas l’unanimité mais elles s’adressent d’abord à celles et ceux qui veulent proposer aux adhérents la création d’une majorité claire autour d’un réformisme revendiqué et d’une direction forte. Le PS ne se reconstruira pas dans l’ambiguïté et la confusion mais dans des choix et des responsabilités assumées. Nous prenons aujourd’hui les nôtres.

Les premiers signataires de ce texte : Patricia Adam (Députée du Finistère), Alain Bergounioux (Secrétaire national du PS), Pierre Bourguignon (Maire de Sotteville-lès-Rouen, Député de Seine-Maritime), Daniel Delaveau (Maire de Rennes), Marc Deluzet, Michel Destot (Maire de Grenoble, Député de l'Isère), Claude Evin (ancien ministre), Charles Josselin (ancien ministre), Dominique Lefebvre (maire de Cergy), Dominique de Nayves, Alain Richard (ancien ministre), Bernard Soulage (1er vice-président de la Région Rhône-Alpes), Catherine Tasca (Sénatrice des Yvelines).

par S&D76 publié dans : Débat & Idées
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Jeudi 22 mai 2008

Nous étions ce dimanche quelques camarades du département avec Pierre Bourguignon et Luce Pane au Conseil National de Socialisme et Démocratie pour débattre de l'avenir de notre courant de pensée et de l'attitude à adopter à l'approche du Congrès de Reims. Etaient réunis pas loin de 200 cadres du mouvements provenant des quatre coins du pays ; l'occasion d'un débat animé mai serein... un vrai moment de plaisir militant.

Cela a notamment permis de crever quelques abcès :

- le rapprochement de Jean-Christophe Cambadélis avec les "Reconstructeurs" intégrant Montebourg, Aubry et des Fabiusiens. Initiative qui avait suscité pas mal d'incrédulité sinon de méfiance de la part de nombreux camarades de S&D ;

- le cavalier seul de quelques-uns de nos éminents camarades qui ont signé le récent texte de Bertrand Delanoë (Alain Richard et Michel Destot notamment).

Cela nous a permis de lancer le débat sur la stratégie à adopter pour continuer de promouvoir nos idées dans le parti à l'occasion du prochain congrès tout en préservant les chances d'un retour de Dominique qui reste pour nous, le plus qualifié pour porter nos espoirs pour la France.

Jean-Chistophe a rappelé notre objectif à l'occasion de ce congrès : nous devons tout faire pour doter notre parti d'une majorité et donc d'une direction réformiste claire pour les trois années à venir. Notre parti doit émettre à la gauche et au pays un message clair : un réformisme assumé ; une volonté d'ouverture vers un grand parti de toute la gauche ; l'affirmation de Primaires ouvertes à toute la gauche pour mieux l'unir dans un projet présidentiel.

Depuis la défaite présidentielle notre courant a beaucoup travaillé (Manifeste de S&D, démarche des Reconstructeurs) et nous avons eu la démonstration que ce que nous portions depuis longtemps gagnait en audience dans l'opinion et dans le parti (voir l'immense apport d'Alain Bergounioux à la Déclaration de principe).

Mais il est primordial de ne pas rater le rendez-vous du Congrès, c'est-à-dire de ne pas l'enfermer dans une joute pré-présidentielle entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Nous n'avons pas à nous subordonner à qui que ce soit.

Aujourd'hui il semble qu'aucun des 2 "champions des médias" ne soit en mesure d'avoir une majorité seul. Si nous avons quelques divergences de vue avec Bertrand Delanoë et ses amis, nous avons de profonds désaccords avec Ségolène Royal, dans la conception même qu'elle a du parti et de la pratique politique. Pour beaucoup d'intervenants, Ségolène n'est pas une réponse à la crise du politique que traverse notre pays et notre parti mais elle en est un symptôme. D'où l'importance de continuer de peser dans le débat interne pour nous retrouver en position de force si l'occasion de constituer un mouvement majoritaire se présente. C'est pourquoi Jean-Christophe propose que nous préparions une Contribution générale dont Pierre Moscovici serait le premier signataire.

Le débat a ensuite été ouvert par Alain Richard et Michel Destot qui sont revenus sur leur démarche avec Bertrand Delanoë, estimant qu'il fallait le rejoindre dès maintenant pour constituer cette majorité réformiste.

Mais dans l'ensemble les intervenants sont restés davantage sur une ligne plus identitaire, notamment parce que nos propositions (égalité réelle, Europe...) ne sont pas encore suffissamment prises en compte. Cette ligne a été notamment celle défendue par Pierre Moscovici.

Pour lui, les "tenors" s'organisent. Ségolène et Bertrand sont sortis du bois ; François Hollande, plus discret n'en est pourtant pas moins actif (cf la défection de Michel Sapin) sachant qu'il a tout intérêt à ce que la confusion sorte de ce congrès pour garder de son influence.

C'est pourquoi, sans négliger le travail avec les Reconstructeurs (sur lequel il était sceptique au départ), il nous faut répondre au triptyque : affirmer notre IDENTITE, dégager une MAJORITE réformiste, pour être en CAPACITE de porter l'un des siens à la direction du parti. Nous n'avons pas vocation à faire de la figuration : nous devons développer un projet porteur d'espoir pour éviter de nous laisser enfermés dans la lutte Ségolène/Bertrand.

Il est donc important que les camarades de S&D ne portent leur signature que sur une seule contribution générale, nationale, sinon elle n'aurait plus aucune visibilité.

Parmi les nombreuses autres interventions, celle d'Alain Bergounioux qui a rappelé l'importance de présenter une contribution qui fasse preuve d'audace. Inutile de vouloir couvrir le champ des possibilités mais soyons force de propositions sur 2 ou 3 thématiques qui nous semblent fondamentales pour répondre aux inquiétudes de notre société. inutile de rédiger un texte mou ; c'est notre force, cultivons-la. Nous resterons alors d'autant plus visibles dans le cas d'un rassemblement majoritaire.

Malgré les réticences de beaucoup, et je ne vous cache pas que j'en étais, nous avons admis que notre parti ne pouvait se permettre de continuer de vivre sur les fractures du débat européen. Il s'agit là bien entendu d'évoquer le travail qui peut être mené avec les autres partenaires Reconstructeurs, Arnaud Montebourg et ses amis, Laurent Fabius et ses amis. De ce point de vue, Jean-Paul Huchon qui, de son aveu même, détient depuis fort longtemps son brevet d'anti-fabiusisme, considère qu'il serait préjudiciable au parti de pousser Fabius dans la minorité.

Socialisme et Démocratie va donc présenter aux militants socialistes une Contribution générale signée par Pierre Moscovici dans le cadre du travail mené déjà avec Arnaud Montebourg, en cherchant à y intégrer Martine Aubry et tous ceux qui voudront nous rejoindre. Après il sera toujours temps de voir...

par S&D76 publié dans : dsk76
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Jeudi 15 mai 2008
Je vous invite à lire la tribune publiée par les Gracques dans le Nouvel Obs du 24 avril 2008 jugeant la politique économique du Président Sarkozy.

Pour eux toute la politique économique de Sarkozy est dans le geste inaugural du quinquennat : le fameux "paquet fiscal". Un péché contre la raison économique, la justice sociale et l'esprit de réforme. Retrouvez l'intégralité de cette tribune sur le site des Gracques en cliquant sur le lien ci-dessous :

par S&D76 publié dans : Vu dans la presse
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Mercredi 14 mai 2008
TRIBUNE

Le 75e congrès du PS revêt déjà un caractère historique. Rarement l’incertitude aura été aussi grande quant à l’identité du futur premier secrétaire. La dernière fois que le suspense a été aussi grand, c’était quand, entre 1991 et 1994, on avait assisté à la valse des premiers secrétaires. Une durée de vie limitée et une crise du Parti profonde. Cela avait commencé au congrès de Rennes et s’était terminé au congrès de Liévin. Entre temps, le Parti socialiste avait essuyé deux lourdes défaites, encore dans les mémoires, les législatives de 1993 et les européennes de 1994.

Aujourd’hui, on ne sait pas qui succédera à François Hollande, mais on sait qu’il y a plusieurs candidats sans qu’on sache toujours d’ailleurs en quoi certains se distinguent des autres. Il est vrai que le « pourquoi pas moi » suffit à susciter des vocations de nos jours.

Ce qui est aussi important à prendre en compte dans l’analyse, ce sont les contours des majorités au PS. Depuis 1971, la majorité n’a jamais basculé. Son centre de gravité a pu bouger, elle a pu perdre une fois ce qu’elle (re)gagnait la fois d’après en termes de départs ou de soutiens de petites motions d’appoint, mais le coeur du parti, le Parti profond, reste quasiment le même. Beaucoup de socialistes se déterminent moins en fonction de leurs convictions profondes qu’en fonction de leurs intérêts présents ou futurs. A côté de la parole de la « base » qui revendique la rénovation permanente, l’éthique, la politique autrement, il y a la réalité, parfois cynique de cadres locaux qui ne font pas le même calcul. La preuve la plus éclatante de cela c’est l’évolution des ralliements à la candidature de Ségolène Royal en 2005-2006.

Nous sommes encore loin du congrès et l’équation selon laquelle il se déroulera, n’est pas encore totalement construite. D’ailleurs, on aurait tort de se précipiter car la situation du pays va jouer.

Une situation économique et social qui nourrit logiquement le pessimisme. Si on peut se réjouir de voir les défilés du FN diminuer, la xénophobie a percé ailleurs. Des stades de foot aux propos de fonctionnaires du gouvernement, la gauche doit s’exprimer et apporter des alternatives. D’un autre côté, la hausse des prix des denrées alimentaires, les émeutes de la faim et la pauvreté qui grandit, tout cela doit nous interpeller. Beaucoup de révolutions ont commencé par des émeutes de la faim.

Alors que la gauche non socialiste est atomisée, le Parti socialiste doit être à la hauteur. Nous sommes l’opposition aujourd’hui. Cela veut dire que nous devons travailler à des propositions pour demain.

De ce point de vue, Socialisme et démocratie est le courant qui a le plus travaillé à une rénovation idéologique depuis près de huit années. Des colloques d’A gauche en Europe aux journées d’études, il y avait fin 2006, lors de la primaire, une ligne politique cohérente si nettement identifiée, qu’elle fut plagiée et copieusement imitée. Seul Réformer de Martine Aubry a autant produit, dans l’indifférence générale trop souvent… Cela n’a jamais empêché la presse et donc parfois bien de nos camarades de déclarer qu’il n’y avait pas d’idées au Parti socialiste !

De fait, l’influence de nos idées s’est fait sentir. Nous n’avons donc pas échoué sur le plan idéologique. C’est même devenu un marqueur précieux que nous ne devons pas brader, quelle qu’en soit la raison. Aujourd’hui ce qu’il faut c’est faire infuser ces idées dans les pratiques. Les victoires aux élections de 2008 en Espagne et en France pour les élections locales, ne peuvent cacher une autre réalité bien plus inquiétante. La social-démocratie en Europe a perdu dix élections consécutives et les défaites municipales à Rome où c’est un ex-fasciste qui a succédé à Veltroni et à Londres annoncent un revers probable des travaillistes. C’est dire que la gauche va mal. Pour en sortir, il ne faut pas seulement parler de rénovation il faut la faire. Soit on pense qu’il s’agit de défaites conjoncturelles et qu’il suffit d’attendre le retour du balancier, soit on pense qu’il faut présidentialiser le Parti pour le faire avancer. Ce faisait, on réaliserait là une rupture profonde dans la gauche car peut-on désormais sans y réfléchir trop longtemps subordonner toute l’activité et le calendrier du Parti à la seule perspective de l’élection présidentielle en pensant que «tout le reste suivra» ?

Pour sortir de l’incertitude et donc réussir le congrès, il faut sortir d’une logique du « coup d’après » en préparant 2008 dans l’obsession de 2012. Il faut garder un lien étroit avec l’ensemble des forces militantes du parti – il n’y a pas que les cadres et les élus qui comptent et surtout, créer les conditions d’une majorité et d’une direction cohérentes, responsables et qui travaillent car c’est seulement avec un parti reconstruit et non en friche, que l’on pourra proposer un autre chemin à la gauche et à la France.

par S&D76 publié dans : dsk76
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